Mardi 7 octobre 2008
Xavier Darcos prévoit une réforme du lycée pour la rentrée 2009

 

LEMONDE.FR | 05.10.08 | 20h07  •  Mis à jour le 06.10.08 | 05h33

 

Une réforme profonde du lycée, avec, dès la rentrée 2009, un remodelage complet de la classe de seconde. C'est, à en croire le Journal du Dimanche, l'annonce que devrait faire "prochainement" le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos.

 

Le projet du ministre consisterait à bâtir un tronc commun pour tous les élèves de seconde, dans lequel on trouverait lettres, mathématiques, histoire-géographie, deux langues vivantes et sport. "A ce jour, note le JDD, la physique-chimie, l'éducation civique et les sciences naturelles ne font donc plus partie des enseignements obligatoires. Pas plus que l'économie, déjà exclue par une précédente réforme."

 

Ce tronc commun devrait représenter 60 % des cours. Le reste serait divisé en deux types de modules, détaille le journal : "les 'exploratoires' (25 % du total) et ceux 'd'accompagnement' (15 %)". L'année scolaire serait par ailleurs découpée en deux semestres au lieu de trois trimestres. A la fin du premier semestre, les élèves pourront changer de module, ce qui constitue, pour le JDD, "une révolution : la fin du programme figé pour l'année entière". Autre piste qui devrait être suivie par M. Darcos : rendre le redoublement "anecdotique", alors qu'aujourd'hui 15 % des élèves de seconde redoublent chaque année.

 

HISTOIRE-GÉO ET MATHS EXCLUES DU TRONC COMMUN (en première et terminale, ndlr)

 

Le projet, qui a pour principal artisan le recteur d'Aix-Marseille, Jean-Paul de Gaudemar, prévoit également de limiter le volume hebdomadaire de cours à 27 heures, en seconde comme en première et en terminale. "Actuellement, les élèves ont entre vingt-huit et trente-cinq heures de cours", rappelle le JDD. D'après le journal, "les syndicats jugent l'hypothèse 'inadmissible' et craignent qu'un tel allégement des emplois du temps ne serve à justifier la politique de réduction du nombre d'enseignants".

 

Les élèves de première et de terminale – pour qui la réforme devrait entrer en vigueur respectivement en 2010 et 2011 – verront eux aussi leur enseignement découpé en trois parties. "La proportion actuellement retenue est de 45 % (tronc commun), 45 % (modules exploratoires), 10 % (modules d'accompagnement), écrit le Journal du Dimanche. L'histoire-géographie et les mathématiques disparaîtraient du tronc commun mais pas la philosophie, qui pourra être débutée (en option) dès la première".

 

"Un élève pourrait donc ne plus faire de maths après la seconde !", note le JDD. Quant aux filières scientifique (S), économique et sociale (ES) et littéraire (L), trop déséquilibrées – surfréquentation en S, pénurie en L –, "elles tombent aux oubliettes", écrit le journal, remplacées par quatre "dominantes" (humanité et arts, sciences, sciences de la société, technologie). Le droit ferait lui, pour la première fois, son apparition au lycée.

 

Le Monde.fr

 
Par adm_jehandechelles - Publié dans : Dans les media
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Commentaires

Quand est-ce que Monssieur Darkos prend sa retraite? ..
Commentaire n°1 posté par R le 19/11/2008 à 13h55
Et oui, c'est un des vices de ce projet : sa démagogie, qui flatte les élèves au lieu de les élever, et sans parler du consumérisme larvé dont est porteuse toute proposition d'enseignement à la carte. Notez bien le paradoxe évident et les effets pervers de la réforme : calquer un système universitaire (semestrialisation, options) sur de très jeunes esprits n'a pas grand sens, mais surtout choisir l'histoire-géographie en option lorsqu'on est, par exemple, étudiant de lettres modernes à l'université, cela ne peut se faire que si on a été confronté à l'histoire-géographie précédemment de façon constante et éclairée !!! Donc c'est l'esprit de cette réforme qui est menacé à l'université même, lieu d'où elle puise son inspiration... Le système des options universitaires, bénéfiques à toutes les matières, qui reçoivent des étudiants venant de tous horizons, se voit menacé par une réforme du lycée qui s'inspire de lui... Franchement, si j'ai fait de l'histoire en seconde, puis plus rien pendant deux ans, vous imaginez bien sûr que je vais faire de l'histoire en option à la fac, cela tombe sous le sens... Bref, la mémoire, l'hommage aux anciens, l'apprentissage du passé pour qu'il veuille bien passer et apporte une lanterne au présent, tout ça c'est en option...
Commentaire n°2 posté par Klajnman Adrien le 25/10/2008 à 16h03
Bonjour, Comme vous avez dû en être informés, il est question de rendre l'enseignement de l'histoire et de la géographie optionnel après la seconde, dans le cadre du projet de réforme du lycée. Les enseignants du secondaire, indignés et inquiets, sont en recherche de liens (notamment avec le monde de la recherche et du "débat" public) pour réagir. Face à la généralisation des interrogations (ou des affirmations) négationnistes de la part des élèves - négation des attentats du 11 septembre 2001, de l'expédition américaine sur la Lune, de la Shoah, - et de la confusion relativiste souvent liée à des enjeux d'affirmation identitaire (affabulations à partir des Protocoles des sages de Sion pour ne donner qu'un exemple), il nous semble urgent de réagir et de nous armer, nous et nos élèves. Nous sommes confrontés à une profonde et dangereuse remise en cause du savoir et de ce qui fonde son autorité, auprès d'un public d'élèves démuni et abreuvé de télévision (et ce n'est pas qu'un cliché...). Tous les élèves ne sont pas négationnistes (heureusement!), mais je crois pouvoir dire que beaucoup sont en proie à un certain flottement, une incertitude sur le statut du discours. La (re)lecture de Vidal Naquet (Les Assassins de la mémoire, entre autres...) est moins que jamais un luxe, semble-t-il... La transmission de ses exigences est un autre défi! Il est en effet dans la pratique extrêmement difficile de s'opposer en termes théoriques et philosophiques à ces affirmations, et d'éviter l'écueil de répondre point par point par la preuve à ces théories fallacieuses. Il nous appartient donc d'expliquer aux élèves ce qui fonde un discours scientifique, à savoir sa confrontation à une communauté pluraliste de chercheurs, qui doit permettre d'exclure les discours négationnistes. Mais ce n'est pas une tâche aisée.... C'est dans ce contexte pour le moins inquiétant qu'il est envisagé de rendre facultatif l'enseignement de l'histoire et de la géographie en première et terminale (mesure qui accompagnerait la mise en place d'un baccalauréat général "unique", composé d'un tronc commun obligatoire et de disciplines optionnelles à la carte), prévue pour la rentrée 2010 (année d'entrée en première des classes de seconde concernées par la réforme prévue pour septembre 2009). L'enseignement de l'histoire, au coeur de la clarification des enjeux contemporains, et de la construction d'une pensée autonome et critique, deviendrait donc facultatif. Doit-on lui substituer des cérémonies solennelles et médiatiques, à l'exemple de la lecture exigée en 2007 de la dernière lettre du jeune Guy Môquet à sa famille, à toutes les classes de tous les niveaux (donc sans lien avec les programmes d'étude), jouant de la compassion émotionnelle envers des "victimes " (mal identifiées, sinon à eux-mêmes par des élèves de 17 ans) de régimes mal identifiés ? Quel peut être le sens d'une telle réforme? Faut-il attendre l'officialisation de la réforme des classes de premières prévue pour la rentrée 2010 pour s'en inquiéter?
Commentaire n°3 posté par RUPP le 22/10/2008 à 17h11
C'est la fin programmée des classes.... pas des troupeaux, les élèves seront tassées par paquet de 30-35 dans tous les cours, bravo l’efficacité… économique...Elles ne seront plus du tout ce groupe qui prend de la cohésion en deux trois mois. Ma réaction à l’annonce officielle du contenu de la réforme du lycée est d’abord liée au dernier carnage qui a eu lieu en Finlande. Celui-ci rejoint une liste trop longue d’événements du même genre. Il semble que l’institution scolaire a été épargnée par ces phénomènes chez nous. N’y aurait-il pas une certaine corrélation entre ces faits tragiques et la façon dont ces adolescents sont pris en charge dans leurs établissements d’enseignement. Les États-Unis, l’Allemagne et la Finlande n’ont-ils pas un système scolaire très individualisé, où le groupe classe s’efface devant des structures plus lâches, plus éphémères et disparates, groupe de module ou d’option ? La classe fixe, groupe de référence pour une durée longue, ne serait-elle pas, par ses solidarités induites, un dispositif empêchant de telles impasses personnelles de naitre ? Enfin, présenter la seconde avant que ne soit dévoilées les deux années suivantes, relève de la pire des manœuvres grossières. C’est pourtant là que se verront les énormes distorsions entre le discours affiché et la régression ainsi organisée.
Commentaire n°4 posté par Hugues Vessemont le 22/10/2008 à 15h59

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